7 avril 2013

Alors .... nous serions tous des pervers

Je reçois par mail en provenance d'un site "PSY" le titre d'articles sur des thèmes divers et variés. Ce matin et dans la semaine, j'en ai reçu un certain nombre concernant "le pervers narcissique" et qui pose le problème de la substantivation d'un adjectif (pervers), en dehors de tout problème grammatical : Pourquoi avoir créé un monstre nommé "Le pervers narcissique" ?

Un substantif est une unité lexicale (généralement un mot) qui désigne une chose ou une notion par elle-même. Autrement dit, c'est un mot qui tient une fonction de nom dans une phrase.Le terme substantif a une signification plus large que celui de nom, car un substantif peut être un mot d'une autre catégorie grammaticale (adjectif, verbe, déterminant ou autre) qui est utilisé dans une phrase en tant que nom.


une autre définition intéressante sur la perversion narcissique  :
L'expression perversion narcissique est proposée en 1986 par Racamier dans Entre agonie psychique, déni psychotique et perversion narcissique, puis en 1987 dans La perversion narcissique, enfin en 1992 dans Génie des origines. Il la tire de la théorisation psychanalytique qui relie les points de vue de Freud sur la sexualité et sur le narcissisme. Le terme s'est ensuite étendu dans la psychologie commune où il a aussi pris des sens qui relèvent parfois d'un jugement de valeur.

La perversion narcissique est une forme de perversion décrite initialement par le
psychanalyste Paul-Claude Racamier, dans laquelle le sujet agirait comme un prédateur en substituant le besoin d'être obéi au désir d'être aimé, et qui, pour l'obtenir, pourrait aller jusqu'à détruire l'identité de sa proie par la manipulation mentale ou le harcèlement moral.
Dans le cas de la substantivation d'un adjectif, celui-ci est toujours conservé au masculin, le sens du nom commun est proche de l'adjectif dont il dérive. Des cas de substantivation se produisent même lorsqu'un nom préexiste.

Exemples

beau → le beau (à comparer avec la beauté)
Voici les articles dont j'ai laissé en clair le lien internet afin d'indiquer l'utilisation du substantif, donc du sujet, à la place des "formes de perversion" :

Voici des titres d'articles :
Justice. Les pervers narcissiques difficiles à traquer. Chantale Paoli-Texier, Jean-Charles Bouchoux, Dominique Barbier, Isabelle Nazare-Aga: ils sont psychiatres, thérapeute et vous livre conseils et conclusions pour se protéger des pervers narcissiques.

http://www.lexpress.fr/styles/psycho/face-aux-pervers-narcissiques-comment-se-proteger-avant-et-apres_1233731.html 

Pervers narcissiques: si le prédateur m'était conté.. La psychanalyste Claire-Lucie Cziffra décrypte quatre cas troublants à travers le miroir des ''belles'' histoires de notre enfance

http://www.lexpress.fr/styles/psycho/pervers-narcissiques-si-le-predateur-m-etait-conte_1235751.html 

Fred et Marie, le spot qui dénonce les pervers narcissiques. Une campagne percutante venue de Belgique dénonce la violence psychologique dans le couple. Voir les vidéos.

http://www.lexpress.fr/styles/psycho/pervers-narcissique-fred-et-marie-le-spot-belge-
qui-denonce-les-pervers-narcissiques_1233120.html

Et vu également su Youtube : Le pervers narcissique et son complice avec le Dr Alberto Eiguer


Je fais deux hypothèses concernant la manière de regarder et de parler ces problématiques relationnelles ou troubles :
  • soit le professionnel de la relation d'aide n'ose pas contredire le journaliste dans le titre et le contenu de l'article, 
  • soit le professionnel est dans ce qu'on appelle le processus parallèle à savoir qu'il entre lui-même dans un acte de violence (il persécute à son tour) celui qu'il nomme "le pervers narcissique"

car alors, (personne coupable d'un crime)"un criminel" par-ci, (personne ayant commit un acte inapproprié, par exemple) "un imbécile"par-là, (une personne souffrant d'autisme) un "autiste"par-ci, (une personne souffrant d'obésité)"un obèse" par-là, (quelqu'un ayant fait un mensonge)"un menteur" par-ci, (personne montrant tels troubles du comportement) "un borderline"  par-là, (personne ayant des difficultés en écriture et lecture ..) "un dyslexique" par-ci .... demeurent condamnés à vie simplement parce qu'ils ont croisé la route d'un diagnostic ? Qu'en est-il de leur personnalité après expiation des fautes ou disparition du symptôme ?

Dans cette manière de nommer, il y aurait comme un aveu de passivité de l'ensemble de la société face à la problématique : nous serions les Victimes de ces affreux jojo que sont les pervers narcissiques sans ne pouvoir rien faire d'autre qu'en constater le nombre de plus en plus important !

Et pour cause, dans certaines circonstances, nous nous comportons ainsi par des actes anodins de la vie courante.

A l'inverse, parler de comportements au lieu de qualité de l'être, ne porte ni jugement de valeur ni impuissance face à ces phénomènes ou troubles.

A moins de penser que nous avons des pouvoirs illimités et que nous pouvons changer l'autre, il est bien moins fatigant de changer certains de nos comportements, de s'y entrainer et ainsi de modifier les relations que nous pouvons entretenir avec "cet autre qui nous pourri la vie" .

Opposer à la "jouissance du pouvoir, le pouvoir de la jouissance" (dans le sens de joie, vie)  en sortant des rôles de victime et ainsi, par cette posture, la même personne qui vous harcelait, peut changer son comportement car il n'y a plus aucun point "d'accroche" en vous. Je dis bien "peut" car il est possible aussi de s'en éloigner.


Un exemple de violence verbale non voulue, à mon sens,  est celle de la légende sous la photo et qui concerne les enfants ou les personnes souffrant d'autisme :
josef-schovanec-en-france-autiste-est-synonyme-d-enfant-c-est-curieux-quand-on-y-songe,M100376

et le lien :

http://www.telerama.fr/idees/josef-schovanec-en-france-autiste-est-synonyme-d-enfant-c-est-curieux-quand-on-y-songe,90479.php

Josef Schovanec dit "les enfants qui souffrent d'autisme".

Enfin, un dernier exemple de l'utilisation des mots pour parler des actes et des comportements qui sont des abus et des crimes à l'égard d'enfants est l'émission du 10 avril une émission sur France 2 concernant les affaires de pédophilie impliquant des prêtres. Parmi les experts et le présentateur, seul Maitre Olivier Morice, avocat, invité de l'émission, ne dit à aucun moment "le pédophile" car dans son rôle il a à prendre en compte des actes au regard de la loi et leur gravité vis à vis des enfants.

Dans le chaos émotionnel et psychique des personnes victimes d'abus et dans leur processus de résilience, il est important de mettre du cadre, des mots simples, des actes identifiés et ne pas ajouter des fantasmes en créant un monstre qui n'a aucune place dans un Tribunal : la Justice s'attache à des faits et à des actes.

"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux." Marcel Proust

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