16 août 2013

Contes et comptes pour parler d'Amour

L'été n'est pas achevé. Nous pouvons profiter de cette saison magnifique pour vivre notre corps, l'exposer "raisonnablement" aux rayons du soleil, flâner sur les plages ou nous promener dans les forêts, dans les campagnes, dans les rues des villes, faire des rencontres pour donner et recevoir ....


Notre vieille Terre est là pour partager toutes les beautés dont elle a le secret. Mais elle est exploitée de façon rapide, brutale, segmentée pour des raisons financières; les ressources qu'elle offre sont entrées en Bourse : la pénurie s'est organisée.

« Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.  » Albert Einstein (Emission France Culture, Einstein à l'épreuve de l'histoire)

Un autre domaine est également compté : l'Amour
Pour ré-écouter l'émission et l'intervention de jean pascal Gayant sur le sujet, cliquer sur le lien
L'Amour est-il une ressource rare ?

Claude Steiner, psychologue, Analyste Transactionnel, ayant travaillé avec Eric Berne, le fondateur de l’Analyse Transactionnelle (AT), a écrit de nombreux articles sur "l'économie des caresses" et comment la pénurie est organisée afin de mieux contrôler l'autre.

Voici un extrait de son Conte, le conte chaud et doux des chaudoudoux :


"Il était une fois dans des temps très anciens, des gens qui vivaient très heureux. Ils s’appelaient Timothée et Marguerite et avaient deux enfants, Charlotte et Valentin. Ils étaient très heureux et avaient beaucoup d’amis.

Pour comprendre à quel point ils étaient heureux, il faut savoir comment on vivait à cette époque-là. Chaque enfant à sa naissance, recevait un sac plein de chaudoudoux. Je ne peux pas dire combien il y en avait dans ce sac car on ne pouvait pas les compter. Ils étaient inépuisables. Lorsqu’une personne mettait la main dans son sac, elle trouvait toujours un chaudoudoux. Les chaudoudoux étaient très appréciés. Chaque fois que quelqu’un en recevait un, il se sentait  chaud et doux de partout.

Ceux qui n’en avaient pas régulièrement finissaient par attraper mal au dos, puis ils se ratatinaient, parfois même ils en mourraient. En ce temps là, c’était très facile de se procurer des chaudoudoux. Lorsque quelqu’un en avait envie, il s’approchait de toi et te demandait : « je voudrais un chaudoudoux ! » Tu plongeais alors la main dans ton sac pour en sortir un chaudoudoux de la taille d’une main de petite fille. Dès que le chaudoudoux voyait le jour, il commençait à sourire et à s’épanouir en un grand et moelleux chaudoudoux. Tu le posais alors sur l’épaule, la tête ou les genoux, et il se pelotonnait câlineusement contre la peau en donnant des sensations chaleureuses et très agréables dans tout le corps.

Les gens n’arrêtaient pas d’échanger des chaudoudoux et, comme ils étaient gratuits, on pouvait en avoir autant que l’on en voulait. Du coup, presque tout le monde vivait heureux et se sentait chaud et doux.

Je dis « presque », car quelqu’un n’était pas content de voir les gens échanger des chaudoudoux.

C’était la vilaine sorcière Belzépha. Elle était même très en colère. Les gens étaient tous si heureux que personne n’achetait plus ses philtres ni potions. Elle décida qu’il fallait que cela cesse et imagina un plan très méchant.

Un beau matin, Belzépha s’approcha de Timothée et lui parla a l’oreille tandis qu’il regardait Marguerite et Charlotte jouer gaiement.



Elle lui chuchota : « Vois-tu tous les chaudoudoux que Marguerite donne à Charlotte ? Tu sais si elle continue comme cela, il n’en restera plus pour toi ! » Timothée s’étonna : Tu veux dire qu’il n’y aura plus de chaudoudoux dans notre sac chaque fois que l’on en voudra un ? » « Absolument, répondit Belzépha, quand il n’y en a plus, c’est fini ! » Et elle s’envola en ricanant sur son balai. Timothée prit cela très au sérieux, et désormais, lorsque Marguerite faisait don d’un chaudoudoux à quelqu’un d’autre que lui, il avait peur qu’il ne lui en reste pas."

Je termine l'article par les mots d'Amour de Monique Fradot, dont vous pouvez télécharger la conférence sur son site :  

Quatre tableaux vont nous aider à comprendre comment nos couples – comme d'ailleurs tout le présent de nos vies quand nous l'accueillons avec conscience – peuvent enfin digérer crises et ombres de nous-mêmes, de nos ascendants et des couples qui nous ont précédés et dont les souffrances toujours en suspens, sont ravivées par la relation actuelle douloureuse. Des âmes qui cherchent la paix, des énergies bloquées, des élans non aboutis, des conflits perpétués...la liste est infinie mais chacun de nous peut participer à des clôtures, des réconciliations, des libérations, des fluidités...

La perfection n'existe pas. Notre perfection humaine est d'être imparfait. Accepter, aimer l'imparfait est un sacré défi et un défi sacré. Les cycles infinis : attachement, lien, séparation, deuil, ré -attachement, lien, séparation, deuil...permettent de sentir la joie de vivre, la légèreté et la profondeur de la vie qui circule en nous et avec les autres.


Pour aimer, donner l'amour infini qui est en nous, c'est d'abord aller à la rencontre de soi, corps et esprit, et découvrir toutes les parties humaines et inhumaines de nos profondeurs : ne pas vouloir voir est sans doute la clé que nous donnons à l'autre ou que l'autre va vouloir prendre.

« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genou.  » Etienne de La Boétie

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